Le songe
Je rêvai, une nuit, que j´étais en ce temps ravissant
où toute créature est poussée par le désir d´aimer.
Alors il me sembla, tandis que je dormais,
que l´on était au petit matin;
de mon lit aussitôt je me levai,
je mis mes chausses et me levai les mains;
puis je tirais une aiguille d´argent
d´un aiguillier gracieux et joli:
j´ai pris l´aiguille pour l´enfiler.
L´envie me prit d´aller hors de la ville
pour entendre la musique des oiseaux
qui s´évertuaient à chanter
tandis que les jardins fleurissaient.
Gai, plein d´entrain et d´allégresse,
je me dirigeai vers une rivière
que j´entendais bruire près de là,
car je ne pouvais pas aller prendre un plaisir
plus beau que sur le bord de cette rivière.
D´une colline, qui était non loin de là,
descendait la rivière abondante et vive;
elle était claire et aussi froide
qu´un puits ou une fontaine,
et elle était un peu moins importante que la Seine,
mais elle était plus étalée.
Jamais encore je n´ai jamais vu
cette rivière, qui était si bien située.
Il m´était doux et agreeable
de regarder ce lieu plaisant.
De cette eau Claire, étincelante,
je rafraîchis et lavai mon visage:
alors je vis le fond de la rivière
tout couvert et tapissé de gravier.
La prairie grande et belle
venait toucher le pied de l´eau;
la matinée était claire, paisible,
et douce et pure.
Alors je m´en allai me divertir
à travers la prairie, tout le long de la rivière,
en côtoyant la rive.
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