martes, 26 de octubre de 2010

chétien de Troyes sur Amour

Texte de Yvain sur Amour

Si Amour ne s´en était pas chargé:
Il l´attaque si doucement
qu´il le frappe dans le coeur en passant par les yeux.
Et ce coup dure plus longtemps qu´un coup de lance ou d´épée.
Un coup d´épée cicatrise et guérit
 très vite, dès qu´un médecin s´en occupe;
mais la plaie d´Amour empire
d´autant plus qu´elle est près de son médecin.
Voilà la plaie (herida) qu´a reçue monseigneur Yvain (yo en mi caso ,ajjaja)
et dont il (je) ne guérira jamais,
car Amour s´est voué (consagrado) complètement à lui (moi).
Amour va fouillant (registrando) les lieux
où il s´est dispersé et les abandonne;
il ne veut avoir d´autre logis, d´autre hôte (anfitrión) 
que celui-ci, et il agit en sage
quand il se retire d´un lieu ignoble
pour se vouer complètement à celui-ci.
Il préfère qu´on ne les retrouve nulle part ailleurs,
et fouille donc tous ces vils logis;
en effet c´est une grande honte quand Amour est tel,
et se conduit avec tant de bassesse
qu´il s´établit dans les lieux les plus misérables qu´il puisse trouver
tout aussi volontiers
que dans le meilleur du campement.
Mais maintenant il est bien tombé;
il sera reçu ici avec honneur
et ici il fera bien de rester.
C´est de cette façon que devrair se comporter
Amour, qui est un être si élévé
qu´il est étonnant de voir comme il ose descendre
descendre (quelle honte!) vers un lieu si vil.
Il ressemble à la personne qui répand son baume (bálsamo)
dans les cendres et dans la poussière,
qui hait l´honneur et aime le blâme, (censura)  
qui met ensemble sucre et fiel,
et qui delaie de la suie dans le miel.
Mais cette fois-ci il n´a pas fait cela;
au contraire, il s´est loge dans un lieu noble
dont personne ne peut lui faire reproche.
 


Un autre sur Amour

Une personne qui n´accueille pas Amour de son plein gré
une fois qu´il l´a attiré à lui
commet une perfidie et une trahison;
et, je l´afirme, - m´entend qui veut!-,
il ne doit en avoir joie et bonheur.
Mais je ne vais pas abandoner pour autant,
au contraire, je vais aimer mon ennemie (celui qui me fait de mal),
car je ne dois pas le hair
si je ne veux pas trahir Amour.
Je dois aimer ce qu´il veut.
Et, doit-il alors m´appeler son amie?
Bien sur que oui, puisque je l´aime
et je n´ai jamais tant désiré aimer.
Je souffre beaucoup pour ses beaux cheveux
qui surpassent l´or fin, tant ils sont brilliants;
ils m´enflamment et m´aguillonent de rage
quand je les lui vois romper et arracher.
Et jamais ne peuvent tarir (agotar)
les larmes qui lui tombent des yeux.
Toutes ces choses qui m´afligent.
Mais même quand ils son pleins de larmes,
car ses pleurs n´ont point de fin,
il n´y eut jamais de si beaux yeux.
Ses pleurs me font de la peine,
mais rien ne me désole autant
que ce visage qu´elle griffe (arranca)
sans qu´il l´ait aucunement mérité;
car je n´en ai jamais vu de si bien formé,
ni d´aussi frais, ni avec un si beau teint.
Et cela me brise le coeur
   
quand je la vois serrer sa gorge.
Certes, il ne peut s´empêcher
De s´infliger le plus grand mal
qu´il soit possible de faire.
Oui, en vérité, je peux bien le jurer,
jamais avec une telle démesure
Nature n´a su travailler en matière de beauté,
car là il a outrepassé sa tâche.
Ou elle n´y travailla jamais, peut-être.
Comment donc cette merveille aurait-elle pu se produire?
D´où une si grande beauté serait-elle venue?
C´est Dieu qui le fit jadis de sa main nue
pour occuper Nature.
Elle pourrait travailler sans répit
si el voulait le reproduire
sans jamais pouvoir en venir au bout.
Mème Dieu, s´il voulait s´en mettre en peine,
ne saurait, je crois, jamais réussir,
à refaire aussi bien,
quelque effort qu´Il y mît.
C´est ainsi qu´il contemple celle qui de douleur se détruit.
Je ne crois pas qu´il soit jamais arrivé
qu´une femme qui fût fait prisonnier
aimât d´une manière aussi folle;
et en plus, sans povoir adresser sa requite
ni, peut-être, en charger quelqu´un à sa place.           

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